La coupe menstruelle, pour les nul(le)s

La première fois que j’ai entendu parler des coupes menstruelles, mon premier réflexe a été d’afficher une moue dégoûtée, ponctuée d’un « beerk » éloquent… JAMAIS au grand jamais on ne m’y prendrait à tester ce truc là… Sur le principe certes, c’était plutôt pas mal, mais bon, chez les autres quoi… J’avais peine à croire les « converties » à ce système.

Et puis comme on dit, souvent femme varie…

J’ai eu ma première fille, puis ma seconde… Mon retour de couche s’est invité 4 mois après la naissance de Syriane, et là, c’est le drame, début des hostilités :
- à ma droite, mon stérilet cuivre, occasionnant des règles hémorragiques très abondantes. Les premiers cycles après la pose c’était les chutes du Niagara, et ça pouvait durer jusque 10 bons jours (heureusement ça s’est un peu calmé ensuite, mais quand même)…
- à ma gauche, les tampons c’était même pas en rêve tellement ça me séchait les muqueuses (aie aie aie le retrait !), mais les serviettes hygiéniques me causaient des irritations pas piquées des vers dès les premières vingt-quatre heures d’utilisation (allergie je suppose)…
Rajoutez les cycles irréguliers à tendance courte (le temps que la machine se recale), et c’est le jackpot !!!!! 10 jours de règles suivis de 10 à 15 jours pour soigner les irritations, et 5 jours plus tard on est repartis pour un tour… Joie !

J’ai tenu 3 cycles comme ça, et je me suis dis que là non, vraiment, c’était plus possible… La perspective de recourir aux peaux de lapins me laissant plutôt dubitative, j’ai fini par me tourner vers la coupe menstruelle… Après tout au point où j’en étais hein !

Je me revois aux toilettes, la coupe à la main, en train de me dire que quand même, c’est gros, est-ce que ça va rentrer ? Drôle d’interrogation à bien y repenser, quand on vient d’accoucher d’un bébé dont le périmètre crânien est 10 fois supérieur au moins à celui de la coupe… et puis finalement y’a d’autres trucs qui passent par là et qui sont eux aussi plus gros, mais là bizarrement on se pose moins de questions hein ;-)

Je revois mon grand moment de solitude, lorsqu’en pleine nuit, l’esprit embrumé, je me suis trouvée dans l’incapacité la plus totale de retirer la coupe… Je vous rassure j’ai fini par me réveiller totalement et me sortir de cette fâcheuse situation. La pratique aidant ce n’est plus jamais arrivé.

Au final, force est de constater que je suis devenue à mon tour une « convertie » ! Mon seul regret : avoir tant attendu pour essayer ! Je n’exagère pas en proclamant que ça m’a changé la vie… Plus de problème d’irritation ou sécheresse intime, le confort est réel et fait même oublier facilement la période menstruelle. De par sa capacité je la vide moins souvent que ce que je ne me changeais, je dors mieux du coup aussi… Moins de déchets (on estime que dans sa vie une femme utilise plus de 10 000 serviettes ou tampons !), c’est très très vite rentabilisé puisqu’il n’y a plus besoin de rien d’autre à côté. Deuxième effet kisscool ô combien appréciable : exit les mycoses dont j’étais une grande habituée malgré moi !

Vous vous souvenez de ces moments de solitude intense ? Le bruit de la serviette qu’on ouvre (SCCCRRRRRRRTTTTTCCCHHHHHHHHHHH), dans des toilettes publiques bondées (top discrétion assurée)… Les questions un peu « gênées » à vos amis, pour savoir où se trouve la poubelle pour y jeter les protections usagées… Le tampax qui s’évertue à flotter à la surface des WC même après avoir tiré 15 fois la chasse (ça aussi en général c’est pas qu’on est chez soi, pas drôle sinon)… Et bien tout ça c’est fini !!!! sisi !!! Un pur bonheur vous dis-je…

Bref

Parlons peu, parlons bien. La coupe menstruelle, c’est quoi ? Tout simplement une coupe en silicone souple (ou en caoutchouc, selon les marques), qui s’insère dans le vagin et vient recueillir les menstruations. Elle présente une tige à la base, qui facilite le retrait, cette dernière peut être coupée à la longueur souhaitée (laissée telle quelle elle occasionne souvent une gêne, elle peut être coupée totalement sans que cela ne pose de problème). Lorsque le besoin s’en fait sentir, il suffit de la retirer, vider son contenu dans la cuvette, au choix la rincer sous l’eau ou éventuellement l’essuyer, puis la repositionner.

Ne froncez pas le nez, je vous vois ! En quoi est-ce réellement plus « dégoûtant » que de changer ses protections ?

Il existe souvent plusieurs tailles, le choix dépend de l’âge et du fait d’avoir déjà ou non accouché par voie basse (question de tonicité du périnée).

En pratique, comment cela se passe ?

Déjà, une première chose importante : on se lave les mains avant de manier la coupe… Ce pour des raisons d’hygiène, afin de limiter les risques infectieux… Petit rappel au passage, c’est pareil pour les tampons.

La coupe ne s’insère pas telle quelle, il faut au préalable la plier afin que la mise en place soit plus facile. Il existe 2 techniques pour ce faire, qui sont détaillées sur ce schéma.

La coupe se positionne plus bas qu’un tampon, placée trop haute vous risquez de rencontrer des problèmes de fuite. Il est souvent nécessaire de « tâtonner » un peu les premiers temps, pour trouver l’angle adéquat, on conseille souvent de s’accroupir pour faciliter l’insertion, bien en face du col. Une fois la coupe insérée, lorsqu’on la lâche elle vient épouser les parois du vagin et reste ensuite en position grâce à un effet « ventouse ».

Les premiers temps, je conseille de vider régulièrement la coupe, afin d’éviter les débordements gênants. Cette phase est transitoire, elle permet d’apprendre à gérer au mieux la capacité de la coupe en fonction de l’abondance de ses cycles ! Par la suite on sait à peu prêt en combien de temps elle se remplit et on « sent » également lorsque c’est temps de la vider.

Pour retirer la coupe, le coup de main est rapide à prendre. Il suffit de glisser un doigt le long de la paroi, de façon à créer un appel d’air qui va « déventouser » la bête (oui je sais, c’est fin c’est très fin ça se mange sans faim). On peut faciliter l’opération en poussant légèrement en même temps (comme quand on accouche, mais en moins fort hein ! Le but c’est pas d’éjecter la coupe au fond de la cuvette), ce qui va faire descendre la coupe.

Une fois la coupe vidée, dans l’idéal il faudrait la rincer sous l’eau avant de la repositionner. Ce n’est pas forcément possible en fonction du lieu où l’on se trouve ! Heureusement il existe plusieurs astuces : les toilettes handicapés ont souvent des lavabos intégrés, il est possible de prévoir dans son sac une petite bouteille d’eau, et sinon ponctuellement tout simplement l’essuyer avec un peu de papier.

Du côté de l’entretien « courant », il est généralement déconseillé d’utiliser du savon pour la laver, en raison des risques ultérieurs d’irritation des muqueuses. On conseille de la stériliser au moins une fois entre chaque cycle, pour ce faire il suffit de la tremper 10 ou 15mn dans de l’eau bouillante. Il arrive parfois que la coupe « s’imprègne » un peu d’une certaine odeur, en ce cas il est possible de rajouter un peu de vinaigre blanc dans l’eau utilisée pour stériliser.

N’hésitez plus et lancez vous !

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